L'intelligence émotionnelle


Manager n'a jamais été neutre


Un manager qui ignore les émotions, les jeux relationnels, les tensions de la société et ses propres biais ne fait pas un management neutre : il fait un management aveugle, qui tient, jusqu'au jour où ça casse.


Ce qu'on garde en soi ressort toujours ailleurs.

On dit d'un bon manager qu'il « garde la tête froide ». Mais une équipe n'est pas faite de têtes froides : elle est faite de gens qui s'agacent, se découragent, se réjouissent, et qui agissent en fonction de tout cela. Ignorer une émotion ne la fait pas disparaître : elle se déplace. L'agacement ravalé le lundi ressort souvent le jeudi, sur un tout autre sujet, avec une intensité que personne ne comprend.

L'intelligence émotionnelle, ce n'est pas apprendre à être gentil : c'est repérer ce qui se joue en soi avant que cela ne se joue à travers soi. Une émotion est une information, pas un parasite ; elle dit quelque chose de la situation, souvent avant les mots.

La reconnaître, c'est retrouver une marge de choix ; l'ignorer, c'est laisser le pilote automatique décider à sa place. Chacun peut apprendre à composer avec les émotions, les siennes et celles des autres, en répondant à leurs besoins propres : on ne traite pas la peur comme la colère, la tristesse ou le dégoût.